mercredi 22 novembre 2017

Chagrin d'école, Daniel Pennac

Chagrin d'école par Pennac Résumé : « Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire. » Chagrin d’école est donc, comme l'évoque le titre, un livre qui concerne l’école. Non pas l’école qui change dans la société qui change, mais, « au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n’entends jamais parler : la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l’interaction de ces chagrins d’école ».
Daniel Pennac entremêle ainsi souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l’institution scolaire, sur la douleur d’être cancre et la soif d’apprendre, sur le sentiment d’exclusion et l’amour de l’enseignement. Entre humour et tendresse, analyse critique et formules allant droit au but, il offre ici une brillante et savoureuse leçon d’intelligence.

Quatrième de couverture : En quatrième de couverture, un bulletin scolaire donne le ton, Daniel Pennac était un piètre élève, cancre et chahuteur mais aussi créatif et gai. Nous serions tentés d’en rire mais Daniel Pennac nous annonce ici que ce statut était cause de souffrance. Il fallait faire face à la grande institution scolaire, aux courroux des professeurs alors que le premier drame était certainement celui de l’élève angoissé, face à l’incapacité d’apprendre ou de comprendre. Il livre ici une part de son enfance mais il rend également hommage aux enseignants qui prêtent attention à ceux qui se trouvent au fond de la classe. 

Mon avis : L'écriture est simple, sans chichi. On alterne les descriptions et les dialogues de manière parfois peu structurée (résidu de difficultés grammaticales ?). Daniel Pennac est toujours agréable à lire grâce à son humour et à la distance envers sa propre personne. 
Un superbe roman sur l'institution scolaire et sur l'éducation. Il rappellera certainement des souvenirs à tout le monde. Je pense aussi qu'il peut s'agir d'un excellent "guide" pour tout le personnel enseignant afin de prendre du recul et remettre en perceptive le stéréotype du cancre tout en ne faisant aucun amalgame avec un public difficile pour tous ceux qui pratiqueraient en ZEP ou dans des banlieues difficiles. Le parcours de l'écrivain prouve que rien n'est jamais perdu et qu'aucun cas n'est désespéré. Pennac y oppose l'écoute, la bienveillance, la compréhension, la confiance, la persévérance, une pédagogie adaptée... Toutes ces perches qu'il a su/pu lui-même un jour saisir, grâce à des rencontres, le soutien de sa famille et sa volonté propre, qui lui ont permis de devenir un professeur à son tour attentif à la détresse de certains de ses élèves. Le propos de Pennac concerne tout à la fois son histoire et celle des cancres d’aujourd’hui. Du point de vue du professeur, il dénonce une société de consommation qui pousse les jeunes à « avoir » plutôt qu’à « être » ou à « apprendre », la démission des parents, le chômage qui décourage. Plus loin, il sourit en racontant les appels désespérés des parents face à un enfant turbulent et démissionnaire, changeant sans cesse d’établissement. Mais surtout, il s’enthousiasme lorsque des initiatives permettent de faire se rencontrer l’école et les élèves. Cet essai dense et inégal se lit d’une traite et avec plaisir, comme un bon roman de Pennac, car il sait nous communiquer sa ferveur, sa passion pour l’enseignement. 
On pourrait taxer l'auteur d'un discours facile et démagogique, puisqu'il a survécu à son "chagrin d'école" et considérer ici qu'il donne une petite leçon à tous les parents et professeurs tortionnaires. Pour moi, il s'agit d'un ouvrage qui s'adresse à toute la société : parents comme élèves en difficulté, l'école comme institution prônant l'égalité des chances, les professeurs, enfin, dans leur rôle de transmetteurs du savoir, mais d'un savoir ouvert, universel, humain, "compréhensible" (qui ait su sens) et, surtout, ancré dans le présent et adapté à son public !
Bref, finalement, la véritable question à se poser c'est : c'est quoi un bon prof ? Ne surtout pas répondre, car on s'abaisserait à en faire une affaire de méthode, de présence physique, de compétence didactique, etc. C'est un peu cul-cul la praline comme trame ? Oui, sauf, qu'à mon sens, le métier d'enseignant est une vocation. Le faire comme on ferait un autre métier n'a pas de sens. Faire prof sans être idéaliste, c'est comme faire curé sans croire en Dieu.

dimanche 19 novembre 2017

Test Lotion de massage anti-vergetures, Palmer's

Lotion de massage anti-vergetures, 250 ml

On ne peut pas dire que je vous ai beaucoup parlé de ma grossesse jusqu'à maintenant (à peine mentionnée il y a une dizaine de jours). Bien que mes habitudes beauté aient peu changé, je me suis tournée vers des produits un peu plus sains. Toutefois, l'incontournable de la grossesse, c'est bien la crème anti-vergetures. Je me suis dit que ça pouvait tout de même vous intéresser. J'ai décidé de ne pas me tourner vers le produit star, la Bio-oïl dont la composition est très controversée et pas forcément naturelle. J'ai donc cherché du côté des crèmes pour le corps de marques de bonne réputation pour éviter une liste allongée de perturbateurs endocriniens. C'est ainsi que je me suis retrouvée avec mon flacon de chez Palmer's.
 
Elle est composée d'un mélange spécifique de beurre de cacao, de beurre de karité, de vitamine E, et de Bio C-Elaste (une association de collagène, d'élastine, d'huile d'amande douce, d'huile d'argan, des produits reconnus pour leurs propriétés anti-vergetures). En clair, la crème Palmer's n'a pas son pareil pour hydrater la peau, mais aussi pour favoriser son élasticité et sa souplesse.
 
Donc, cette crème combine à peu près tous les actifs reconnus efficaces pour prévenir l'apparition des vergetures et les combattre quand elles sont quand même survenues.Pour ce faire, on doit l'appliquer deux fois par jour, matin et soir, dès le deuxième mois de la grossesse. Et à partir du dernier trimestre, c'est matin, midi, et soir. Sur le ventre bien sûr, mais également sur les hanches, la poitrine et les cuisses : toutes les zones qui peuvent être sujettes aux vergetures pendant une grossesse. J'avoue ne pas avoir suivi ces indications à la lettre : je l'ai utilisée dès le début mais à raison d'une fois par jour...
Le flacon pompe est très pratique. On n'en met pas partout et on peut doser la pression du produit. En plastique léger, il m'a suivie cet été sans aucun dégât puisqu'on peut également bloquer la délivrance de produit. Le seul bémol, c'est qu'en fin d’utilisation, la pompe ne peut accéder au fond de bouteille et on est obligé de découper pour éviter la perte de produits. 

La texture crème est assez riche aux premiers abords mais s'étale très facile sur tout le corps (après un bon massage tout de même). Elle pénètre facilement dans la peau et laisse un petit film protecteur (non gras). Je n'ai eu aucun souci d'hydratation, pas de sensations de peau sèche, ni de démangeaisons. J'en ai profité pour l'appliquer sur les jambes qui n'ont jamais été aussi douces. Elle ne tâche pas non plus donc si vous souhaitez l'appliquer le matin et vous habiller ensuite, aucun problème.

Enfin, on ne peut noter que son parfum gourmand et régressif de cacao. L'effet dure d'ailleurs. Pour celles qui seraient gênées par certaines odeurs pendant leur grossesse, il est peut-être un peu trop prononcé, pour les autres, vous adorerez certainement.

Mon avis : Au bout de plusieurs mois d'utilisation, ma peau est parfaitement hydratée. Aucune vergeture à déplorer (je m'hydrate aussi beaucoup par l'intérieur). Maintenant, je ne peux pas jurer de son efficacité pour tout le monde. Nous sommes malheureusement toutes différentes à l'égard des vergetures et ce qui a marché pour moi au vu de mon patrimoine génétique ne marchera pas forcément pour vous.

Son Prix : 9,90 € environ, autant dire rien du tout pour ce type de produit

Vous l'aurez compris, j'ai été satisfaite par ce produit. Toutefois, si vous recherchez une alternative encore plus saine, il n'y a rien de plus naturel que l'huile de coco qui si elle est économique n'a pas encore de format aussi pratique.


jeudi 16 novembre 2017

Tuto make up "No make up"

 
Si vous le demandez aux hommes, la plupart d'entre eux vous diront qu'il préfèrent les femmes au naturel. Sauf que bien souvent, ils ne savent pas ce qu'est une femme au naturel. Avec le maquillage que je vous propose aujourd'hui, c'est une version de vous dans toutes les traces de fatigue ou la sophistication d'un maquillage chargé : le tout pour avoir une bonne mine sans que messieurs ne se rendent compte du subterfuge... 

1- Le teint : 

Pour un teint unifié et pour camoufler toutes les petites imperfections sans pour autant masquer les tâches de rousseur par exemple, je vous conseille d'utiliser une BB crème. Vous n'aurez pas l'effet plâtre d'un fond de teint mais vous pouvez toujours utiliser un correcteur par petites touches si vous le jugez absolument nécessaire.

2- Les yeux :

Sur les paupières, appliquez un fard de la couleur de votre peau pour unifier et masquer les petites veines ou autres traces disgracieuses. Instantanément, la paupière semble plus rebondie (je n'ai pas dit gonflée). Si nécessaire, utilisez un anti-cerne mais avec parcimonie. La couche de mascara est absolument indispensable pour éveiller le regard et vous faire des yeux de biche. Pour celles et ceux qui en ont l'habitude, un coup de mascara ou de gel à sourcils pour discipliner les sourcils sans paraître trop maquillé(e).

3- L'encre à lèvres :

C'est le produit multi-fonction idéal pour votre mission. Plusieurs marques en ont maintenant (Benefit, The Balm, etc...). Pour un résultat plus naturel, on l'applique en tapotant sur les lèvres et les joues en estompant au doigt. C'est comme si on avait les lèvres et les joues rosies naturellement. 

Ça vous parait tout simple, n'est-ce pas ? Et bien essayez et vous verrez une version de vous-même qui vous plaira peut-être pour un quotidien moins chargé ou pour les matins pressés.

dimanche 12 novembre 2017

Test Mascara Punk Volumizer, Doucce

Mascara Punk Volumizer, 13, 5 ml

 

Le package est sobre et élégant : un tube noir laqué et un capuchon rouge profond, féminin au possible. Là où les choses changent, c'est pour la brosse : celle-ci est faite de poils, jusque là, rien de bien original mais elle est énorme ! Pour les personnes aux petits cils, je pense que ce sera difficile de tous les attraper sans en mettre partout. Il faut donc recourber les cils avec application et prendre son temps pour ne pas ruiner son maquillage. La texture n'est pas trop épaisse donc il ne fait aucun paquet et ça c'est top !

Ceci dit, le résultat est plutôt réussi. Il recourbe bien et apporte une bonne définition aux cils (pour peu qu'on arrive à tous les attraper hein). Il sèche relativement vite donc, il est difficile de retravaille la matière et de bien séparer les cils les uns des autres. Oubliez également les passages en zigzags, la brosse n'est pas adaptée. Dommage car, on ne les coiffe pas aussi bien du premier coup en se concentrant pour ne pas en mettre partout. En ce qui concerne le volume, si vous en recherchez, malheureusement, ce mascara n'est pas fait pour vous (la faute à la texture très fine ?). C'est dommage, c'est pourtant la promesse n°1 du mascara...

La couleur est assez noire mais pas si intense que ça. J'aurais voulu un peu plus de pigmentation.
Enfin, en ce qui concerne la tenue, elle est plutôt bonne mais sans plus. Il ne résistera pas à une très longue journée ou à un afterwork.
 
Mon avis : Si vous vous maquillez toujours à l'arrache et que vous ne voulez pas perdre de temps dans la salle de bain, je vous déconseille ce mascara qui demande de la précision. En revanche, si vous soignez particulièrement vos yeux de biche, il pourrait bien vous convenir.

Son Prix : 27 €

mercredi 8 novembre 2017

Chanson douce, Leila Slimani

Résumé : Le roman de Leïla Slimani s'ouvre sur un cri affreux, celui d'une mère. La narratrice révèle dès le premier chapitre l'assassinat de deux enfants et la tentative de suicide de leur nourrice « qui n'a pas su mourir »... Retour en arrière : après la naissance du deuxième enfant de Paul et Myriam, la jeune femme souhaite retravailler et se met en quête de la nounou parfaite. Quand Louise apparaît, avec son visage « comme une mer paisible », elle sait qu'elle l'a trouvée. La fée du logis s'installe donc dans l'appartement et comble les fantasmes de famille idéale : enfants calmes et bien peignés, ménage tenu au cordeau, dîner préparé. Au fil des mois, Louise apprivoise chacun, se rend indispensable. De discrètes notes discordantes se font pourtant entendre : l'étrange impassibilité de Louise et sa solitude, la course éperdue de Myriam écartelée entre amour maternel et désir de réussite.

Quatrième de couverture : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Mon avis : Pour tout vous dire, j'ai longtemps hésité avant de me plonger dans ce roman. Comme tous les prix Goncourt, j'avais très envie de le lire. Mais, ce n'est pas tout à fait le bon moment pour moi. J'en profite en effet pour vous annoncer qu'à l'heure où je publie cet article, je suis enceinte de 5 mois (oui, je voulais le garder un peu pour moi avant de vous l'annoncer). Au moment où se posent les questions de garde, c'était pas forcément judicieux de lire ce roman qui a eu un écho particulier pour moi.
Et puis, l'écriture m'a emportée : simple, efficace, sans en faire trop l'auteur réussit à nous plonger dans l'angoisse de l'attente. On sait que le drame va arriver mais on ne sait pas pourquoi (ça vous rappelle quelque chose ?). Il se lit très facilement, très vite et pourtant c'est un récit qui résonne en nous et qui laissera un certain malaise chez le lecteur pendant longtemps. On s'interroge sur notre monde de vie, sur la facilité que nous avons à faire entrer une étrangère dans notre vie et celle de nos enfants. Est-ce le meilleur des choix ? Sait-on jamais quelles sont les intentions de cette inconnue ? Ou bien peut-on être certain à cent pour cent de sa santé mentale ?  Les faits divers n'arrivent pas précédés de tambours et trompettes, et c'est tellement habituel que des proches soient abasourdis par les exactions de tel ou tel criminel, qui était un voisin si poli, si discret, jamais d'histoire.....et c'est aussi ce qui intensifie l'angoisse, plus dense et sournoise que dans un polar qui traite d'une enquête autour d'un tueur en série : celui-là , on le voit venir, il est l'incarnation du mal, les rôles sont distribués, il est sans doute plus facile à repérer et il ne viendrait à l'idée de personne de l'embaucher pour lui confier ce que l'on a de plus cher au monde ! Mais ici, les victimes comme le criminel sont tellement banals, tellement ordinaires que la suspicion n'a plus de support déviant pour canaliser les craintes.
Le roman contient également une subtile analyse de notre société contemporaine avec notamment des jeunes parents tiraillés entre la réussite professionnelle et les exigences d'une vie familiale. Tout au long du roman, Leïla Slimani, évoque aussi avec pudeur et tendresse à travers les difficultés de leur quotidien, le sort de ces petites gens, souvent immigrées, souvent sans papiers, toujours démunies, ces fantômes urbains qui vivent dans un monde parallèle et vendent leurs compétences domestiques et maternelles, et offrent quelques mots d'amour et d'affection, en baoulé, dioula, arabe, hindi, filipino, russe, aux marmots que leur confient des couples économiquement dominants, pris dans le tourbillon de carrières qui les prive de temps.
La scène inaugurale décrit un tableau aussi horrible qu'irréparable digne des meilleurs scénarios de films d'horreur, en totale contradiction avec le titre du roman qui laisse présager une paisible histoire. Dans les chapitres suivants, Leïla Slimani dévoile l'implacable chronologie des événements qui ont abouti à cet épilogue. La progression lente, implacable, quasi indicible du livre décrit à merveille la pente douce mais inéluctable qui mène Louise à l'abîme. C'est justement cette linéarité dans l'évolution des comportements de la nounou, des enfants et des parents qui rend à souhait le drame que personne n'a pu ou voulu voir venir. La négation de la personne au seul bénéfice de son rôle social, l'effacement de soi pour plaire, le devenir plus, le paraître au-delà des espérances, vivre dans la logique du mérite ... et l'abandon de la responsabilité parentale déléguée, voilà ce qui tisse le coeur même du débat que ce livre doit susciter. Avec beaucoup de talent, elle réussit à émettre des petits indices sur la suite des événements (d'autant plus angoissants), toujours à la limite entre la crise de nerfs et la véritable pathologie et qui peu à peu conduit à l'inéluctable menace qui plane au-dessus de la petite famille.
Sans jamais porter de jugement sur ses personnages, elle utilise une écriture sobre, aussi neutre que l'est un rapport d'autopsie, totalement adaptée à cette autopsie d'une catastrophe annoncée. Elégants et sensibles, les mots sont agréablement assemblés pour former des images émouvantes, teintées d'une poésie mélancolique qui accentue le rythme lancinant du roman. Finalement, le récit de Leïla Slimani dépeint avec une certaine distance le mécanisme d'une impitoyable aliénation sociale, morale, sentimentale et psychique qui transforme une pauvre créature sans amour en machine à tuer. La fin risque d'en décevoir certains mais je pense que la direction prise est délibérée. On ne peut pas tout expliquer de l'humain qui lui, n'est pas une machine.

samedi 4 novembre 2017

Cure Solution Anti Fatigue Soin vitalité 24h de Yves Rocher

Cure Solution Anti Fatigue Soin vitalité 24 h, 50 ml

C'est une crème destinée à toutes les catégories de femmes, pas d'âge cible, adapté au mode de vie des citadines, à la peau marquée par le manque de sommeil, la pollution, ça au moins c'est dit. Vous avez le teint terne, la plupart de vos soins habituels ne fonctionnent plus, c'est la crème qui est faite pour vous. Du moins, c'est ce qu'en dit la marque. 
Attention, ce n’est pas un soin quotidien, c’est un soin de cure qui s’utilise pendant un mois. Adaptée au jour comme à la nuit, vous pouvez l'appliquer comme bon vous semble. La promesse est d'avoir plus une peau tonique et lissée grâce à l'action de la vigne rouge (et oui, pour la circulation sanguine bien sûr). Enfin, moi, je trouve que la texture est assez grasse. Comme crème de jour, vous risquez de briller un poil, et pas seulement si vous avez la peau grasse. Ceci dit, elle est facile à étaler et assez agréable à utiliser. Autant vous dire que le pot est beaucoup trop grand pour l'utilisation que j'en ai faite.

Comme d'habitude, Yves Rocher opte pour des couleurs qui évoquent la nature. Son vert si caractéristique fait référence à l'utilisation des plantes. Hormis la vigne rouge, y a pas grand chose de plus (vous voyez la petite feuille sur le couvercle ?), enfin c'est sans compter toute la liste d'ingrédients de produits chimiques... Bon dans l’ensemble rien d’anormal ou de bien dangereux sauf le BHT utilisé comme antioxydant dans toute une série de matières premières lipophiles (huileuses), pour les empêcher de rancir (voir les différentes enquêtes d'UFC-Que choisir à ce sujet).

L’odeur quant à elle, est caractéristique des produits Yves Rocher, quiconque à un jour utilisé une de leur crème de visage saura de quoi je parle...

Malheureusement, je n'ai pas vu les résultats escomptés. Rien. Nada. Pour moi, c'est un gros flop. Je ne la recommande pas du tout. Et en plus, elle n'est pas donnée du tout !
Bon hormis le problème de son efficacité, ça reste une crème hydratante, mais bon, vous en avez des moins chères. Elle n'a pas fait de mal à ma peau, pas de rougeurs ou problèmes de boutons. Bilan après l'arrêt de la cure : toujours pas d'effet donc rien de perdu non plus...

Son prix : 32, 50 € hors avantages abonnées.

lundi 30 octobre 2017

Les raisins de la colère, John Steinbeck

Les Raisins de la colère par Steinbeck Résumé : Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l'attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s'apprête à partir en Californie, avec l'espoir de trouver un emploi et de vivre dignement.
La famille Joad, partagée entre la peine de devoir quitter "la terre de ses pères" et l'espoir d'une vie meilleure, entame donc un long périple sur la route 66, à travers les grandes plaines de l'ouest, en direction d'une Californie mythifiée. Mais le voyage ne se fait pas sans difficulté. La dislocation de la famille commence.
La famille Joad arrive finalement en Californie et réalise rapidement que, non seulement il n' y a pas assez de travail pour tous les immigrants et qu'elle devra vivre dans des conditions de vie effroyables, mais également que les "Okies" sont craints et haïs par les autochtones qui ne voient en eux que des marginaux et des agitateurs potentiels.
Malgré les difficultés, la famille Joad ne perd pas espoir et, malgré la faim, la pauvreté et l'injustice, mobilise toute son énergie pour essayer de s'en sortir...

Quatrième de couverture : Le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d'arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit : - Dieu tout-puissant ! ... J'aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau.

Mon avis : Une écriture simple, parfois un peu longuette mais indéniablement dotée de talent (quand on est Prix Nobel de littérature, en général, c'est gage de qualité). On croirait voir un film, le lecteur est propulsée dans cette vie misérable. La vraisemblance du décor, de l'argot, l'humanité des personnages, tout est mis en scène et pourtant tout est réel. Attention, la lecture de ce roman est très dure comme tout récit sur la misère. Il faut pouvoir le supporter ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Le livre est construit sur une alternance des chapitres : un sur l'histoire des Joad et un plus élargi sur ce que vivent l'ensemble des familles délogées et qui comme eux doivent survivre dans un monde hostile qu'ils ne comprennent pas. Une façon comme une autre d'interpeller le lecteur et de le faire réfléchir sur le monde qui l'entoure.
La description d'une réalité économique après la crise 1929 qui a vu le monde agricole se transformer pour devenir une exploitation du monde capitaliste, c'est un peu le début de la fin pour nous. Ce livre dépasse de loin les frontières des États américains, c'est une allégorie de l'immigration en général. Les Africains, Sud-Américains, Asiatiques qui arrivent péniblement au fond d'un container, sur un radeau ou par quelque autre moyen sommaire et dangereux en Europe ou dans n'importe quelle autre terre soi-disant "promise" doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis, une quête de l'Eldorado et de la terre promise pour gagner un peu de dignité et de quoi nourrir sa famille. La description de notre monde moderne passe par le mépris des locaux qui regardent ces miséreux comme des envahisseurs. De l'autre côté, nous voyons tous les gestes d'entraide, les partages de la dernière bouchée, le refus de donner pour ne pas humilier la personne qui est pauvre, le père qui se sacrifie pour son enfant et cet honneur auquel ils tiennent…
Le deuxième aspect, c'est l'évolution de la famille Joad. Avant l'éclatement de la famille traditionnelle, il y avait une structure précise : l'homme était le pilier de la famille et, chacun avait sa place et, même le grand père, avait encore le premier droit de parole même s'il n'était plus actif. Ils avaient aussi tout un ensemble de valeurs que chacun devait respecter. Tout au long de la route, on voit les familles se regrouper et, sans voter quoi que ce soit, établir des règles de fonctionnement pour que tous et chacun soient respectés. La mère a pris une plus grande place mais elle le dit elle-même, ce n'est que temporaire. Même si on est encore dans le malheur, on sait que quelque chose doit et va arriver.


Résultat de recherche d'imagesPour aller plus loin : Beaucoup de vieux films sur l'émigration existent (et je ne parle pas que de l'adaptation cinématographique de John Ford) que ce soit les vieux films sur l'immigration italienne (voire le cinéma italien des années 1960) ou sur la pauvreté aux Etats-Unis. Beaucoup d'expositions photo également en ce moment sur les bidonvilles de l'époque. Je trouve très important de se rappeler ce par quoi nos ancêtres sont passés pour obtenir ce que l'on a aujourd'hui. Cela remet un peu les choses en perceptive. Les sacrifices de la classe moyenne d'aujourd'hui ne sont pas forcément les pires.